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A la une Les femmes de ses rêves

Les femmes de ses rêves

Ben Stiller, souffre-douleur des frères Farrelly

Après Mary à tout prix, Les femmes de ses rêves marque la deuxième collaboration entre les frères Farrelly et Ben Stiller pour un film mêlant humour "en bas de la ceinture" et où quasiment personne n'est épargné. Ici, Ben Stiller (Eddie) se retrouve face à un problème exploité déjà dans différentes comédies: le célibat. Assisté et entouré d'un père obsédé sexuel et d'un ami, macho et "esclave" de sa femme, Eddie tente tant bien que mal de trouver la bonne personne. Jusqu'au jour, où il vient en aide à une femme agressée, Lila. De là, naît une histoire d'amour qui les conduit au mariage...Fin?! Pas tout à fait! Eddie et Lila partent en lune de miel au Mexique, mais le nouveau marié découvrira qu'il ne connaît pas son épouse, alors qu'une rencontre s'amorcera entre lui et une autre vacancière, Miranda...

Sans dévoiler tout le film, l'ensemble tient la route et on ne ressent aucune longueur: l'approche de la quarantaine est traitée sur un ton décalé avec un Ben Stiller, simple et attachant, mais victime des conseils de son entourage et d'une vie qu''il n'aurait jamais imaginé. Les hommes ont différentes facettes : victimes, lâches, protecteurs. Leur vie n'est qu'une somme d'erreurs, seul le père d'Eddie s'en sort "honorablement" ...L'image de la femme fait peur et est loin de faire rêver: Lila est une ex-consommatrice de drogue, légèrement dominatrice et accro au sexe avec un fantasme pour les Blacks (d'ailleurs, la première scène d'amour entre Eddie est à voir absolument!). La femme du meilleur ami d'Eddie est une femme à poigne, qui veut contrôler son époux (leur vie également), et a du mal à desserrer la mâchoire, sauf pour paraître plus gentille aux yeux des autres (après chaque crise, elle demande à Eddie s'il va bien). Miranda sort du lot et pourrait être définie comme "le pendant" masculin d'Eddie. Néanmoins, rien est évident dans les comédies des Frères Farrelly et le chemin est parsemé d'embûches, dans lesquelles Ben Stiller fonce et pour notre plus grand plaisir.

Quitte à humilier Ben Stiller, (sa femme lui pissant dessus pour le guérir d'une piqûre de méduses entre autres) ou à rendre les femmes détestables, cette comédie traite dans le fond de problèmes qu'on a presque tous rencontré et que je résumerai à une question actuelle: pourquoi allons-nous trop vite en amour? (Qui n'a pas eu la surprise en étant avec quelqu'un, de découvrir une autre personne sur le court ou le long terme? Je ne citerais personne...). Les femmes de ses rêves expose ce point en exagérant les traits (personnages, situations,...), mais offre une morale: celle d'apprendre avant tout à se connaître.

Voici ce que j'aurai appris de ce film (à prendre au second degré, bien entendu!):

1°) Ne jamais donner de l'argent à un orchestre mexicain.

2°) C'est certain, les femmes peuvent être dingues. (Je ne citerais encore personne ...)

3°) Eva Longoria a certainement un de ses meilleurs rôles... ...bien à la mesure de son talent!

 
Les Femmes de ses rêves - ma note pour ce film :
Réalisé par Peter Farrelly, Bobby Farrelly
Avec Ben Stiller, Michelle Monaghan, Malin Akerman, ...
Année de production : 2007
3h10 pour Yuma

3h10 pour Yuma

 

Après Une vie volée, Copland, James Mangold s’oriente  vers  le western (un genre peu représenté dans le cinéma),  avec 3H10 pour Yuma. Remake du film homonyme de Delmer Dave datant de 1957, le réalisateur relate ici l’histoire de Dan Evans (Christian Bale), un fermier amputé d’une jambe  depuis la Guerre de Sécession, et dont les terres sont principalement ravagées par la sécheresse. N’ayant plus le respect de sa famille, il se décide à assassiner le propriétaire de ses terres, Hollander, à qui Evans doit de l’argent. Sa route va croiser celle de Ben Wade (Russell Crowe), un hors-la-loi, en pleine attaque d’une diligence gouvernementale.  Evans va participer à l’arrestation de Wade et pour 200 dollars, ira le «convoyer » vers Contention, où part le train pour Yuma, une prison fédérale. Mais leur route sera mouvementée puisque la bande de Ben Wade va vouloir le libérer .

La réelle force de ce western est de se concentrer essentiellement sur le face-à –face entre Russell Crowe et Christian Bale : Mangold joue sur la personnalité de ses personnages principaux et sur un affrontement psychologique. Chacun a des raisons de vouloir exister : Evans veut à tout prix conduire  Wade vers Contention, car il veut gagner à nouveau le respect de sa famille, être l’image du héros. Il défend des valeurs de justice, contrairement à Wade représentant pour lui, l’indéfendable. Or, Mangold n’est pas dans la simple opposition du gentil face au méchant : le personnage de Ben Wade fascine tout le monde (la femme d’Evans et  l’un de ses fil doute du mauvais côté de Wade. Le charme de ce bandit opère  sur tous et est lié au mythe du hors-la-loi).

La composition de Russell Crowe est excellente et rend le film intéressant : séducteur, rude, violent, drôle, il va « sympathiser » avec son geôlier pour mieux comprendre le besoin qu’a Evans de le conduire et trouver une explication à un second besoin : celui de se racheter auprès  de sa famille. Pour le fermier, une vraie quête s’engage dans l’histoire dont il veut faire partie.

Le final à Contention va permettre à chacun de se dévoiler et de s’affirmer bien qu’on remettra en cause la façon dont s’agence l’histoire, son déroulement et le choix de Wade: certains risquent de  trouver la conclusion du long-métrage ridicule, d’autres se demanderont si le but du film en lui-même n’est pas atteint. Néanmoins, ce film tient la distance jusqu’au bout, bien que certains passages soient assez courts (le Grand Canyon), que les méchants (la bande de Wade) soient caricaturaux, et que l’ensemble soit sans surprise, néanmoins Mangold apporte à ses 3h10 pour Yuma, une intensité, un humour et un sens dramatique nous faisant apprécier ce western.

 
3h10 pour Yuma - ma note pour ce film :
Réalisé par James Mangold
Avec Russell Crowe, Christian Bale, Peter Fonda, ...
Année de production : 2007
Soyez sympas, rembobinez

Soyez, sympas rembobinez

 

 

Derrière ce titre plutôt original, se cache le nouveau Michel Gondry avec Jack Black, Mos Def et Danny Glover. « Original » serait le terme exact concernant cette comédie en forme d’ «hommage» au 7 ème art. Dans un quartier menacé de démolition, se situe un vidéo club, tenu par Danny Glover. Partie à la recherche de nouvelles idées capables de relancer sa boutique, Jack Black et Mos Def le remplacent, mais un soir Jack Black, se lançant dans une tentative de sabotage d'une centrale électrique, est victime d'une électrocution. Revenant le lendemain au magasin, il va démagnétiser toutes les VHS.

La seule solution pour lui et son ami : tourner eux-mêmes les vidéos qu'ils mettent d’habitude en vente et avec leurs propres moyens...

 

Reposant sur un scénario "écrit sur le coin d'une table", ce film sert surtout de prétextes au côté "bricoleur" de Michel Gondry. On ne peut dénier la bonne humeur qu'il se dégage de Soyez sympas, rembobinez, mais on doutera de cette naïveté dans laquelle baigne le film. Supporté par un bon duo d'acteurs, plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma ou grands classiques sont passés au crible: du Roi Lion, à Miss Daisy et son chauffeur, en passant par Robocop ou Ghostbusters, le tout est de démontrer qu'avec peu de moyens, n'importe qui peut arriver à faire un film qu'il soit honnête ou pas...De là se pose la question suivante: quelle est la nécessité d'aller voir ce nouveau Gondry? Surtout quand fleurissent des dizaines ou des centaines de vidéos amateurs sur internet faisant dans la parodie de film.

L’humour, entre autres, et la complicité entre les personnages de Jack Black (complètement en décalage) et Mos Def (dans un jeu plus sobre et sérieux) sont les atouts de cette comédie : les gags sont simples (on peut parfois les trouver très peu recherchés), les répliques fusent, cependant l’essentiel est respecté, c’est-à-dire divertir le spectateur. Gondry n’hésite pas à jouer avec le son, le phénomène de magnétisme et au fur et à mesure du film, à imposer ce duo d’acteurs jouant comme des gamins à « singer » des personnages fictifs. On a peur au fil des minutes que Soyez, sympas rembobinez tombe dans l’optimiste à toute épreuve : pas de méchants, tout le monde agit dans son intérêt et celui de sa communauté, une bonne intention proche la mièvrerie.

L’intérêt est tout ailleurs : derrière ce côté bon rêveur, le message du réalisateur est de montrer que le cinéma est fédérateur et est un art rassemblant les classes et les origines, au point que la scène de fin en  devient une caricature légèrement grossière.

Hommage et film peu inventif par son scénario, Soyez sympas, rembobinez ne surprendra personne et comblera les amateurs de petites comédie sans prétention. Le talent de Michel Gondry n’est pas à remettre en cause (loin de là, le film est un bon moyen pour lui de déployer son savoir-faire et est une ode à la débrouillardise). Sans doute, la qualité du film est de pouvoir faire simple et toucher, ce vers quoi le réalisateur arrive à ses fins mais il est critiquable par ce monde presque parfait et aseptisé. A noter les quelques vidéos « faisant office de promo » pour le film et visible sur Dailymotion.

 
Soyez sympas, rembobinez - ma note pour ce film :
Réalisé par Michel Gondry
Avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover, ...
Année de production : 2008
there will be blood

There will be blood

 

Véritable fresque sur une trentaine d’années, There will be blood de Thomas Anderson (Magnolia, Punch Drunk Love) relate l’ascension de Daniel Plainview, un homme partie de rien et devenu un des grands magnats du pétrole. Enrichi d’une musique pesante (même lors de scènes quelconques) et de magnifiques décors, le principal intérêt du film réside dans cette  fascination autour du personnage principal interprété par Daniel Day Lewis (oscarisé pour ce rôle). On trouve 3 temps dans ce film : dans le premier, le réalisateur nous présente Plainview piochant dans les mines afin de trouver des pierres précieuses. Aucun dialogue, l’atmosphère est étouffante, on remarque les efforts de cet ouvrier qui va jusqu’à se casser la jambe pour arriver son but…jusqu’au jour où survient ce moment : la découverte des pierres. Second partie du film, Plainview est devenu un véritable homme d’affaires utilisant sa science du métier (et la faiblesse des villageois) pour sa richesse personnelle. De plus, c'est un homme prêt à tout pour produire du pétrole, racheter des terres à une misère et être le plus attractif possible ce qui lui vaut la sympathie des habitants…et du spectateur. Autant le personnage peut être haïssable, autant il devient comique en se faisant bien voir des autres (la scène où il est baptisé dans une église symbolise parfaitement l’avidité de Plainview dont la seule quête est de garder le pouvoir et la main par n’importe quel moyen).Cette seconde partie de There will be blood est riche en informations et de mystères bien gardés, notamment autour de la famille : Plainview a un fils adoptif, H.W . Le pétrolier se "sert de l'enfant" pour réaliser ses affaires et comme garantie. La relation père-fils est essentiel tant on verra en poursuivant le film, la dérive dans les rapports des deux personnages. Victime d’un accident de chantier, H.W devient sourd et son père se sépare de lui parce qu’il ne lui est plus utile. Autre mystère, l’apparition du « faux » frère de Plainview révélant l’amertume du personnage de Daniel Day Lewis envers l’être humain. Ses aveux permettent de comprendre qu’une véritable haine s'est créée envers ceux qui l’entourent et la seule loi à laquelle il répond est la loi du plus fort. Plainview tuera l’homme qui se faisait passer pour son frère, cependant, on aura très peu d’éléments sur l’existence ou non d’un membre de sa famille. La relation entre Plainview et le pasteur du village est un jeu assez évocateur : en dépassant le cadre de l’Eglise, du Mal généré par les deux personnages, le pasteur tente d’être une sorte de « Plainview » dans sa paroisse…Il se présente comme un guérisseur capable de chasser le Diable face à des croyants gobant ses paroles. Un réel  rapport de force (psychologique et physique) se crée entre le pétrolier et le pasteur dont la dernière partie du film marquera la chute d’un des deux personnages, où Plainview sera vieillissant et son fils voudra se lancer dans les gisements de pétrole…La cellule familiale se brise par cette dominante du pouvoir chez le père, alors que son fils ne pourra devenir que son concurrent…

Il serait difficile de trouver une morale à There Will be blood : à travers la réussite d’un homme, symbole du rêve américain, Paul Thomas Anderson crée une œuvre où le mal est partout et où l’addiction au pouvoir gangrène la société. Rien n’est angélique, quand un pétrolier réalise des profits, les habitants en récoltent les miettes. Si  l’interprétation des personnages et la réalisation sont irréprochables, l’attrait du film reste Daniel Day Lewis difficile à cerner tant il passe d'un sentiment à l'autre. Peu présent au cinéma, l’acteur insuffle au rôle une richesse et une complexité rarement vu : drôle, profiteur, aliéné, le personnage de Plainview ne laisse pas insensible par son caractère changeant, sa capacité à avoir un coup d’avance sur ses adversaires et à séduire ceux qui lui résistent…une réelle incarnation du Mal.

 
There Will Be Blood - ma note pour ce film :
Réalisé par Paul Thomas Anderson
Avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, ...
Année de production : 2007
Le Limier

Le Limier

 

Remake d’un film de Joseph Mankiewicz sorti dans les années 70 et adapté d’une pièce de théâtre, Le Limier est l’occasion pour  Kenneth Brannagh d’exposer durant une heure et demie un face-à-face troublant entre Andrew Wyke (Michael Caine), un écrivain à succès, et Milo Tindle(Jude Law), l’amant de sa femme. Parsemés de quelques plans isolés issus des caméras de surveillance (pas toujours utiles) et de plans fixes, ce long-métrage repose sur le jeu de ses acteurs et sur la psychologie de chaque personnage.

Wyke accepte de divorcer  mais il propose à son hôte de lui voler ses bijoux afin que Tindle puisse subvenir aux besoins de la jeune femme par le biais de son assurance.  Piégé, Tindle plonge dans cette sombre escroquerie sans se douter que Wyke va lui faire payer l’humiliation d’être trompé et de perdre la personne qu’il aime. Or, le personnage de Tindle va se révéler être tout aussi surprenant que celui de Wyke en lui tenant tête et en ayant du répondant. Le jeu du chat et de la souris fonctionne entre Michael Caine et Jude Law : alternant sur un rapport de force mental et physique, sur l’ambiguïté de leur sexualité,  les deux personnages finissent par se confondre et Wyke surpris de découvrir un homme ayant des points communs avec lui, ne peut que tomber sous son charme.

L’ambiance huis-clos renforce cette atmosphère pesante autour de ces personnages en pleine explication…Défaut et qualité du film, Kenneth Brannagh impose son goût "toujours si peu modéré" pour le théâtre par des longs  plans séquences, des tirades, des acteurs poussés dans leurs retranchements (oscillant entre leurs faiblesses et leur haine l’un envers l’autre) et un décor assez froid bien qu’inspiré du High Tech. Ce choix d’un homme enfermé dans son château bourré de gadgets est factice et n’apporte aucun intérêt au film…mais ce long-métrage vaut le coup d’œil par la composition de Michael Caine aux traits infaillibles et de Jude Law tentant de piéger le célèbre écrivain. Nageant sur des thèmes tels que la vengeance, l’amour et flirtant à chaque moment avec la mort, Le Limier pourra ravir les amateurs d’un cinéma minimaliste et faire fuir ceux ou celles qui préfèrent plus de rebondissements et de surprises.

 
Le Limier - Sleuth - ma note pour ce film :
Réalisé par Kenneth Branagh
Avec Jude Law, Michael Caine, Harold Pinter, ...
Année de production : 2007
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