Once
Le film qui inspira Spielberg…
Pour l’inauguration de ce blog et de mes critiques, j’ai choisi Once de John Carney, très intrigué par l’affiche qui laissait présager d’un film « culte ». Or, force est de constater qu’on peut être déçu, si on espérait beaucoup de ce film. Le premier défaut du film est de ne pas avoir une réelle identité : comédie ? Film musical ? Documentaire-fiction ? L’histoire de Once se perd dans une rencontre assez plate entre un guitariste de rue (Glen Hansard), réparateur d’aspirateurs à ses heures perdues dans la boutique de son père, et une vendeuse de rose tchèque, occasionnellement pianiste (Marketa Irglova) qui a fuit son pays et son mari : deux itinéraires différents, certes reliés par la musique, mais qui nous intéresse peu, dans la mesure où leur relation passe en second plan. La question sur l’utilité de leur rencontre se pose alors: en quoi cette femme lui apporte concrètement quelque chose (ainsi qu’au film) ? Et inversement. La force des comédies, voir des comédies musicales, c’est de nous proposer des personnages ou un couple, dont la passion est la musique et qui va exister en dehors de celle-ci par une histoire d’amour. Ici, chacun vit dans le passé et nous avons face à nous, des personnages perdus, ne sachant pas de quoi demain sera fait, d’où une impression d’errance, dont le seul moyen de s’en évader reste la musique. Aussi, Once souffre d’un « déséquilibre » et il ne faut rien attendre d’une relation aucunement exploitée, au détriment de l’importance de la musique (évidente dans la seconde partie du film)
Ensuite, l’autre problème est la qualité de la réalisation : en comparant le stéréotype des comédies et des comédies musicales à Once, on remarque une manière de filmer parfois proche de « l’insoutenable »! (mention spéciale pour la scène du café au début du film, où le caméraman, victime d’une « tremblote persistante », ne sait pas qui prendre dans son champ !)…Passons sur les quelques effets de zooms, pas nécessaires, et autres qualités de l’image où encore une fois, on se demande si c’est vraiment fait exprès ou si ça tient de l’amateurisme (retour à ce problème d’identification du film). La caméra se perd à trouver des angles comme pas possibles, sans que cela apporte quoi que ce soit aux scènes, si ce n’est nous coller une migraine. Je vais m’en prendre encore à la relation entre le guitariste et la pianiste, mais force est de constater que Marketa Irglova n’a pas le rôle le plus éblouissant du film, transparente au possible, cependant, elle a une scène en « solo », où elle marche dans la rue et se met à chanter (pour nous rappeler peut-être qu’elle est dans le film ?!) et là, nous en arrivons maintenant au point qui, selon le point de vue de chacun, sauve le film ou est la cause des problèmes flagrants de l’histoire.
Sans nul doute, la composition de Glen Hansard (le guitariste) est le point fort de Once: l’intérêt du film réside dans cette quête d’un artiste de rue qui va tenter d’émerger et de débuter une carrière dans la musique. A l’image de chanteurs de scène, Tom York (Radiohead), Chris Martin (Coldplay), Bill des Tokio Hotel (je plaisante !!), il y a une réelle force dégagée par un héros charismatique, renvoyant de l’émotion, communiquant un réel amour de la musique au travers de nombreuses scènes entre lui et la pianiste, entre autres, mais surtout d’une scène, où il improvise avec d’autres musiciens. En contrepartie, on aurait aimé un personnage face à lui, tout aussi entraînant.
En dépit de quelques scènes légèrement drôles (la rencontre entre le guitariste et la pianiste, qui se balade avec un aspirateur) et attachantes (lorsque le père du héros ressent de la fierté pour son fils), on est déçu face à un film au goût d’inachevé et qui méritait mieux. La faute à un mauvais dosage entre le drame et le film musical, une héroïne en second plan, et une réalisation en demi-teinte. Si ce film devait contenter certaines personnes, ce seraient les fans de musiques (et encore c’est vite dit !) ou Spielberg (ce qui n’augure rien de bon pour Indiana Jones 4 et ses prochains films) ou des doux rêveurs. Néanmoins, il risque d’en laisser beaucoup insatisfaits. Sentir l’ennui durant une heure (…sur 1H30) aurait pu être évité si Once avait été un film totalement musical et plus prenant…






